Le cantique dans la tradition protestante

En réaction contre une liturgie romaine qui n’était plus l’expression du peuple, les Réformateurs ont souhaité que l’ensemble puisse s’exprimer au cours du culte, et ceci par le moyen du chant.
Certes, le chant d’assemblée existait déjà dans l’église romaine, mais avec des textes en latin. Il était donc important que l’assemblée puisse s’exprimer dans sa propre langue, et d’une manière compréhensible: la musique doit être au service des paroles. Autre caractéristique : toute l’assemblée chante, ce qui exclut toute antiphonie ou refrains alternés, le chœur (dans la tradition luthérienne) ou le chantre (dans la tradition réformée) n’étant que le moyen d’entraîner le chant de l’assemblée (et non de chanter indépendamment).

Traditions luthérienne et calvinienne

Deux traditions différentes vont naître, qui vont distinguer les hymnologies luthérienne et calvinienne:

  • le choral chez les Luthériens dont les paroles peuvent être des adaptations de psaumes, mais dans une perspective christocentrique des cantiques « exprimant la compréhension chrétienne de l’Évangile »[3].
  • le psaume et des cantiques bibliques (Cantiques de Zacharie, de Marie, de Siméon) chez les Calvinistes, dans une perspective théocentrique qui va marquer la musique réformée jusqu’au 19è siècle.

Traditions ango-saxonnes

L’histoire très particulière de l’Anglicanisme en fait une église à la croisée des chemins entre le catholicisme non romain et le protestantisme. Anglo-catholicisme se marquant par la musique des cathédrales, une tradition restée vivante au XXIème siècle. La maîtrise, exclusivement masculine, chante lors des divers services qui ponctuent la journée, services qui rappellent ceux qui réglaient la vie des monastères. Service de communion le dimanche matin, service du matin en semaine, et service du soir quotidien remplaçant les vêpres. Te Deum et Jubilate Deo le matin, Magnificat (Cantique de Marie), psaume du jour et Nunc Dimittis (Cantique de Siméon) chantés le soir, toujours en anglais. La plupart des grands compositeurs anglais ont été formés au sein de ces maîtrise de cathédrales ou de collèges, y compris de nos jours, et continuent à composer pour l’église.
Parallèlement à cette musique de cathédrale, une hymnologie plus proche du protestantisme va se développer tout à la fois dans l’église anglicane que dans les églises dissidentes : toujours fidèle au « une note une syllabe » et destinée au chant d’assemblée. On retrouvera ces mélodies dans les hymnaires américains des 18è et 19è siècles, et le style musical influencera la musique afro-américaine tout autant que les églises du Réveil.

http://www.wiki-protestants.org/wiki/Cantique

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